vendredi 24 avril 2009

Question de point de vue



Je voyais des pics tranchants dressés. Je voyais les tours aux sommets inaccessibles enfermer ma vision. Je voyais les morts éparpillés autour de moi. J'entendais les moteurs rugir de haine, sans cesse, crier contre le silence. Je voyais un manteau tristement uni qui plongeait sur nous, comme pour nous ensevelir et faire oublier notre laideur à l'univers.

Je voyais des brins d'herbes s'élancer vers le ciel. Je voyais les arbres border ce cadre de verdure. Je voyais les fleurs qui précèdent les fruits parcourir le sol, témoins d'une vie future. J'entendais des hommes s'affairer non loin, passer sur la route qui les menait vers ce soir. Je voyais ce léger dégradé de bleu qui bientôt jallira et explosera de mille nuances pour parer l'horizon de magie avant que le rideau ne se lève sur la danse des astres nocturnes.

Puis j'imaginais le monde.
Et je vis que cela était beau.

Au ras des paquerettes

Les voitures montent à la verticale, parallèles au sol. Non loin, une punaise grimpe sur un brin d'herbe. Le brin ploie, elle tombe. Et elle remonte encore. Elle retombe, bien sur. Et ce encore et encore, jusqu'à ce qu'elle tombe successivement très près du sol et se noie dans la verdure. PS : si un jour vous trouvez une punaise dans votre linge, même si vous n'aimez pas les punaises, ne l'écrasez pas. C'est pas charitable, et ça pue.
J'aimerai bien entrer dans une fourmilière, juste pour la visite. Sauf que, avec ma triste condition, c'est impossible à moins d'écraser cruellement la batisse et observer les bouts de terre et de cadavres fourmiliesques intégrés. Pas réjouissant.Je vais chercher le moyen de devenir une fourmi, pendant quelques secondes avant de me rendre compte que c'est impossible. PS :, si un jour vous voyez une fourmilière, ne l'écrasez pas. C'est pas charitable, et je suis peut-être dedans. (Dès lors, une armée de dingues firent diminuer la population de fourmis dans ce monde où elles prédominent. Pour rendre à l'homme la plus grande importance sur cette terre, dira-t-on.)
J'ai regardé un fleur de cerisier fanée sur le sol qui en était jonché. Et alors que j'écris ce tissu d'absurdités banales dont on se contrefout, si ce n'est d'un point de vue pratique pour son linge, je m'aperçois que sa collègue, plus fanée encore, gît à mon côté. La surprise passée (et oui, c'est effrayant), je souffle dessus, pour l'éjecter de mon espace et salir un peu plus le sol. Le truc, c'est qu'on ne s'en apercevra jamais, à moins de trifouiller dans les fils électriques enrobés de plastique goût chocolat. (comment je le sais? Non mais, je sais reconnaitre le vrai chocolat!) PS : si un jour vous voyez une fleur fânée à côté de vous, ne l'éjectez pas. C'est pas charitable, et c'est déjà pas facile pour elle d'être obsolète : compatissez, quoi...