L'impression d'être ailleurs dans l'espace temps.
Plus tard ou plus tôt. En jours, mois ou années.
Comme si l'on pouvait se promener dans les chemins du temps; comme si l'on pouvait assister à tout, que ça ait été ou non.
Se projeter parfois malgré soit, comme absorbé, flanqué de deux oeillères qui ne s'ouvrent que sur un autre temps.
Plonger dans les abysses d'un espace inconnu, regarder et voir autre chose, chercher... Fuir peut-être, parfois. Ou être kidnappé par une odeur, une chaleur, un son.
Se déconnecter entièrement du présent, jusqu'à en avoir peur.
Risquer d'abandonner l'instant, à ses risques et périls. Peut-on dire que c'est lâche? Ce monde est-il donc tel qu'il faille être fort pour l'affronter? Et qu'il soit lâche de le fuir parfois?
N'est-ce pas plus effrayant de s'éloigner du présent et du monde et de se rendre tout à coup compte que l'on flotte si loin de lui qu'on en a le vertige? Parce qu'on se rend compte qu'on ne vit pas en partant? Qu'on ne vit pas en rêvant? Qu'on ne vit pas sans s'imprégner du présent pour y mourir un jour?