lundi 28 septembre 2009

Comme deux écrins de larmes

Deux ailes cachées par leur art
De fines stries parsemées sans hasard
Qui s'effacent, distinguées, au regard.
Comme à vouloir dominer le monde
Pourtant si fragile, presque irréelle
La gracile beauté d'un papillon.

vendredi 25 septembre 2009

...un lapin

Ce matin, le paysage avait une allure de décor de roman.
Sous un ciel gris clair qui semblait avoir volé la blancheur d'une écume évaporée, quelques feuilles tombaient sur une pelouse délaissée, un désert vert parsemé de fines ombres. Sur une marche, dans l'herbe encore fraîche de rosée, se tenait assise une demoiselle, toute de noir vêtue, ses longs cheveux noirs, légèrement ondulés, retombant sur ses épaules un peu voûtées. Elle semblait regarder, non loin de l'angle de la marche, qui montait, un chat, du même noir qu'elle, et qui s'en allait lentement en lui tournant le dos, tel un vagabond désabusé. La lumière pâle du jour naissant s'ouvrait sur eux comme un faible projecteur d'ambiance, et je passais comme si je n'étais qu'une figurante au loin, qui en se rapprochant ébranlerait la scène. Je faisais alors parti du décor, et continuais mon chemin de même que je me serais promenée dans les recoins d'une page de livre, regardant la fine pluie de feuilles, lasses de tout un été.

Et puis je suis revenue dans le monde réel, brusquement, comme si tout à coup j'avais refermé un livre qui m'aurait envoûtée.

samedi 19 septembre 2009

"Me revoilàààà"

Hey, et bien non, je ne suis pas morte. (loul.)
Des soupirs déçus rayonnèrent doucement...
Mais que dire, sinon que je n'ai rien à dire? That is the question. C'est dingue le nombre de personnes que l'on côtoie sans connaître. Une foule pressée dans une gare n'est unie que par un but commun, sans soutien, sinon quelques âmes qui semblent égarées dans ce brou-ha-ha d'indifférence et soudain donnent la parole prodigue à quelque paumé perdu dans la masse. Ainsi que dans les tunnels que les nains ont si habilement creusé, et où les portes sans cesse s'ouvrent et se referment sans émotion. Et alors, comme en chaque lieu commun où l'on a rien d'autre à faire que d'attendre, l'autre, le parfait inconnu dont on ne sait rien mais dont on suppose ou invente tout, celui-là qui a le regard triste, dans le vague ou souriant, malgré lui, vous offre un instant de lui-même. De l'homme à la barbe de quelques jours, tout de gris vêtu et au vieux sac souple, jusqu'à l'enfant qui rit de l'accent d'une voix automatique, en passant par la femme dont on aurait voulu soulager le chagrin sans en connaître la cause, et l'homme tracassé par un dossier qui attend une place assise, chacun se tient là, si près et si distant; on attrape le manteau de leur vie pour un moment, et tout ignorant que nous sommes, nous écrivons leur histoire, ou plutôt, une histoire; celle qu'ils ne vivront peut-être jamais.