Ravalement, comme une papillote de vie qui s'étouffe dans sa propre fatigue et qui s'y saoûle allègrement. Sur les appuis d'une basse aux sensibles ralentis, mon esprit vagabonde sur les notes décalées, entre mille pensées qui s'échappent et se ruent sur le monde comme une nuée désordonnée. Les êtres se dessinent dans les reflets de chaque son, et il me semble apercevoir leur âme qui ondule nonchalamment. S'offre à mon regard vague quelque forme qui calanche sur les calanques; comme un souffle qui se meut, s'émeut puis meurt pour avoir trop caressé les lignes plongeant sous la mer abyssale, ponctuée de soupirs. Les lueurs retiennent leur respiration martelée d'éclairs, les ronds et lignes se croisent sans cesse, repartent et reviennent. On peut y voir quelques rêves qui se confondent aux cauchemars, on peut y voir le flou du vide qui se nourrit d'un rien. On peut y voir l'infini, qui tend sa main parfois et de son regard persistant nous invite. On peut y voir aussi les flots noyés, doux et lisses où quelques lettres semblent se tenir, comme endormies. Les rails impairs ne semblent jamais cesser, imperturbables, têtus, vexants. Jalonnés de vie, ils passent, immuables.
Pour n'en avoir jamais vu le fond, j'y espère trouver, un jour qui sait, comme un lointain écho venu du néant, un point sous un arc-en-ciel.
régression ?
Il y a 4 semaines